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11.08.2009 23:08:00
EricL

profiminilEnfin, cette année, j'ai eu l'occasion de me frotter à cette fameuse cyclosportive, la doyenne de son genre je crois bien, et la plus difficile aussi il me semble.

Les vacances me donnent enfin de le temps de rédiger ce compte rendu, technique et chiffré comme à mon habitude.

 


Insérée dans un entraînement triathlon, l'objectif n'était pas de faire le meilleur temps possible, mais plutôt de compléter le parcours "en dedans", comme il faudra que je roule lors de l'Embrunman. Lisez la suite pour voir comment ça s'est passé.


colLa Marmotte fait partie de ces cyclos tellement fréquentées qu'il faut prévoir de s'inscrire 6 mois à l'avance. C'est un problème pour moi qui ne sait jamais autant à l'avance où je serai début juillet. Cette année, plusieurs désistements tardifs ont libéré des places dans l'hébergement prévu, et j'ai sauté sur l'occasion pour en prendre une.

Vendredi après midi, j'arrive à Bourg d'Oisans et monte à l'Alpe pour chercher mon dossard. C'est la première fois que je viens ici et je découvre cette montée dont les premiers kilomètres sont impressionnants. En prenant cette rampe en voiture, on lui donnerait bien 18%. Elle n'en fait en réalité 'que' 12%, mais 12% tout droit jusqu'au virage, suivie d'une autre identique, puis une autre.... La plupart des cyclistes sont à 8-10 kmh (pour les autres, la décence m'interdit de donner une vitesse). Je me dis que demain, ce sera à mon tour, après 160 kms et presque 4000m de D+ déjà avalés.

En haut, je retrouve Benoît et Gérard. On quitte l'Alpe pour se diriger vers notre hébergement en passant par le col de Sarennes. La route est vraiment pourrie, et même en vélo elle est peu praticable. Par contre, la vue et la pente de certains passages sont impressionnants. Nous arrivons au village et on nous guide à notre chambre. Nous avons la surprise de voir qu'on nous a attribué une maison d'habitant. Les gens qui habitent là sont partis pour le WE et louent leur maison pendant ce temps. Ce qui est surprenant, c'est qu'ils laissent la maison avec leurs affaires dedans. On habite donc bien chez eux, à leur place.

Samedi matin, nous partons en voiture pour nous garer plus près de Bourg d'Oisans. Puis nous terminons en vélo jusqu'au départ. Il y a déjà beaucoup de monde, et nous devons être placés vers la 5000ème place. Le départ est donné à 7h50, nous passons la ligne 10 ou 15 minutes plus tard.

Dès la ligne passée, j'accélère pour commencer à faire monter la pression. Benoît et Gérard suivent dans ma roue. Tout ce monde doublé, ce sera aussi autant de moins à passer dans le premier col qui s'annonce encombré vu le monde devant nous. Voila le barrage, qui occasionne un bon ralentissement pour tout le monde et élargit le peloton. Ensuite, on réaccélère quelques centaines de mètres, et on attaque l'ascension du Glandon pour de bon. Je monte avec Benoît. On double en permanence, ce qui n'est pas très pratique et nous force à souvent ralentir en attendant un trou pour passer. L'avantage, c'est que ça force à se reposer un peu. L'inconvénient, c'est qu'on doit réaccélérer à chaque dépassement, donc le rythme est assez variable.

On arrive déjà au Rivier d'Allemont. On est monté relativement vite finalement, et surtout un peu plus vite que j'aurais voulu. Je voulais rester aux alentours de 150 pulses, mais impossible d'aller suffisamment lentement et la FC moyenne s'établit à 159 pour une vitesse de 13,1 km/h et une pente moyenne de 8,3%. La VAM est de 1064m/h, ce qui sera le chiffre le plus élevé de la journée. Par la suite, la fatigue et la chaleur vont inexorablement faire baisser cette valeur.

Une petite descente rapide, et on rattaque une rampe de 700m à 11,5%. Beaucoup de dérailleurs couinent autour de nous, surtout de ceux qui n'ont pas changé de braquet avant la fin de la descente. Il y a 8,6 kms jusqu'au lac d'altitude, avec une pente degressive de 6,8% de moyenne montée à 14,5 km/h. La VAM est encore élevée à 976 m/h.

La dernière partie du col fait 2,6 kms avec une pente qui reprend un peu. On constate une VAM et une vitesse qui restent inférieures au début de l'ascension, bien que la pente reste aussi plus facile. Pourtant, le niveau d'effort est resté constant tout le long de l'ascension. Est ce l'effet de l'altitude? Au sommet, il y a un couloir de vérification des puces de 1m50 de large, c'est la cohue, on passe à pieds. J'ai tout ce qu'il faut à manger sur moi, il me faut juste de l'eau.

Au total, le glandon cucmule 16,5 kms d'ascension à 7,2% (presque 1200m de D+) et 5,3 kms de descente. Cela en fait en réalité le col le plus dur de la Marmotte, contrairement à l'impression qu'on peut en avoir (je parle en terme de D+ et de pourcentage).

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Glandon

Je fais la descente assez prudemment, comme toujours. Dès les premiers virages, il y a eu un accident et un coureur est à terre assité par les secours. Dans un replat, je m'arrête carrément pour retirer les manches et les plier soigneusement dans les poches pleines. Inutile de prendre des risques à faire ça en roulant avec tous ces vélos autour de soi.

Je trouve un paquet qui roule à une vitesse qui me convient pour rallier le pied du télégraphe, ce qui me permet de ne pas prendre trop de vent. Nous voila au pied du col, avec encore une bonne moyenne globale de 26,4 km/h. Je me suis bien reposé, et je monte à 13 km/h avec une impression de facile étonnante. La vitesse, la FC et l'altitude sont identiques à celles du pied du glandon, mais la pente fait 1,5% de moins. La fatigue a déjà commencé son oeuvre limitatrice, ma VAM a aussi baissé de 15% à effort constant.

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Télégraphe

Je profite de la descente de Valloire pour manger un maximum. A Valloire, 400m après le début de l'ascension, je crève de l'arrière. galibierAie aie aie, je n'ai pas pris soin de réparer cette petite entaille faite pendant le séjour dans les Alpes, et celle ci s'est finalement suffisamment agrandie pour affecter la chambre. Comme il fait très chaud, je cherche un coin à l'ombre pour réparer et je change la chambre. Benoît, que j'avais laissé dans le télégraphe, me redouble à cette occasion.

Je repars pour le Galibier. L'arrêt réparation n'a pas forcément été une bonne chose, j'ai du mal à ré-embrayer. Et la chaleur assome déjà bien, et mon sang viking n'aime pas trop ça. Je m'arrête acheter un coca vers le milieu de l'ascension. A 200m du sommet, des crampes aux adducteurs m'obligent à une pause de 3 minutes. Il m'aura fallu 1h31 pour gravir les 17,5 km à 6,7% à la vitesse fabuleuse de 11,7 km/h. Bien que ce col ne soit en fait pas plus difficile que le Glandon, il m'aura coûté 25% d'énergie en plus, et pour une vitesse moyenne inférieure. L'altitude y est pour un peu, mais la chaleur aura été je crois mon plus grand  ennemi.

 

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Galibier

Encore une descente prudente, avec beaucoup de vent. Dans la vallée, je roule tantôt en peloton, tantôt seul quand je trouve qu'ils vont trop vite et je veux récupérer un maximum, et manger. Au ravito de Bourg d'Oisans, je remplis mes 2 bidons, et c'est parti pour la mythique Alpe d'Huez, une première pour moi.

Voila le virage à gauche. La rampe est impressionnante. Je met tout de suite 39/27, et j'essaye de tourner le plus souplement que je peux. J'apprécie les virages qui sont à plat et permettent de récupérer 15 secondes. La pente est à 12%, je suis à 10 km/h. Ce sera ma vitesse moyenne pendant les 6 premiers kms. Et là, je crève encore à l'arrière. En fait, même cause qu'à Valloire, 80 kms auront suffi à l'entaille pour entamer la nouvelle chambre. Problème : je n'ai plus de chambre. J'ai une idée : les chambres latex sont très élastiques, et je me dis que si je retourne la chambre pour placer la fissure sous une partie de pneu non entaillé, ça peut tenir, quitte à regonfler tous les 3 kms. Je fais donc ça, je regonfle, ça l'air d'aller, mais tout d'un coup quelque chose lache et tout se dégonfle d'un coup. Peut être que la fissure était trop grande. Je redémonte tout, et je refais la manip avec ma première chambre, prenant soin cette fois de ne pas gonfler plus de 5 bars. Cette fois, ça tient, et je finirai sans avoir à regonfler. Enfin, voila la dernière rampe et le village. Les jambes se font plus légères et accélèrent un peu pour en finir. Hors crevaison, j'ai mis 1h19 pour gravir les 13 kms de cette montée à 10,1 km/h. Elle m'aura elle aussi coûté plus cher que le Glandon.

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Alpe d'Huez

Dans le tableau ci dessous (ascensions en couleur), vous pouvez comparer les difficultés relatives des 4 ascensions.



Temps cumul Temps int. Dist Dist cumul km/h km/h cumul Altitude D+ (m) % pente V.A.M. (m/h) FC Max FC Moy Total pulses
1. Pied Glandon 00:26 00:26 15,012 15,012 34,5 34,5 853 75 0,5% 173 162 136 3570
2. Rivier d'Allemont 00:50 00:24 5,335 20,348 13,1 24,2 1296 433 8,3% 1064 167 159 3895
3.
00:57 00:06 3,278 23,625 28,4 24,7 1231


159 133 931
4. Lac 01:33 00:35 8,591 32,216 14,5 20,8 1818 580 6,8% 976 163 158 5648
5.
01:36 00:03 2,047 34,263 39,8 21,4 1768


160 136 430
6. Glandon 01:48 00:12 2,59 36,854 12,7 20,4 1951 179 7,1% 855 164 158 1988

TOTAL Glandon
01:12 16,516



1192 7,2%


11531
7. Maurienne 03:01 01:12 42,169 79,022 35,6 26,4 797 254

159 131 9486
8. Télégraphe 03:56 00:55 11,923 90,945 13 23,3 1611 812 6,8% 872 164 158 8848
9. Valloire 04:06 00:09 5,373 96,318 33,9 23,7 1479


161 130 1300
10. Galibier 05:38 01:31 17,536 113,854 11,7 20,5 2646 1161 6,7% 761 162 153 14012
11. Pied Alpe 06:53 01:15 47,832 161,687 39,4 23,9 822 77

153 122 9231
12. Alpe d'Huez 08:13 01:19 13,024 174,711 10,1 21,7 1852 1014 7,9% 769 160 152 11970


Vous pouvez aussi comparer le coût énergétique en nombre de pulsations cardiaques, ce qui me semble un bon indicateur de la difficulté absolue.

Note : les arrêts crevaison (12' + 16' environ) et l'attente au coca (4') sont retirés de ce tableau pour des calculs plus justes. Mon temps officiel est de 8h50, pour 8h05 de route (les arrêts remplissages bidons sont conservés).

arriveeLa FC moyenne a baissé au fur et à mesure des cols, mais pas tant que ça. Il faut noter qu'elle est tout de même plus faible qu'à l'habitude. Elle devrait normalement se situer aux alentours de 165 sur les ascensions, mais j'ai fait cette Marmotte dans un programme d'entraînement chargé et même si je me suis reposé 2 jours, j'étais encore dans un état de fatigue (ce n'était pas un objectif). La VAM suit aussi la même tendance bien sûr.

Par rapport à mon objectif qui était de faire cette cyclo 'en dedans', c'est à dire sans jamais subir mais en toujours maitrisant, ce ne fut pas une grande réussite. A partir du Galibier, j'ai subi, comme tout le monde je crois.

Je termine tout de même relativement frais et pas plus fatigué que ça. Je pense que les prochaines verront de meilleurs chronos.

Au Polar, le D+ total se monte à 4700m pour 175 kms.


  Cyclosportive | Alpe Huez | Marmotte | 2009 | Galibier | Télégraphe | Glandon
 

Commentaires 

 
#2 JeanLucF 13-08-2009 21:05 Super exploit de vous 3 , et bravo pour ton super commentaire . Répondre en citant
 
 
#1 BenoitM 12-08-2009 20:54 Super commentaires.
J'ai l'impression de revenir debut Juillet.
Vivement l'année prochaine pour apprivoiser de nouveau cette animal.
Félicitation pour ta performance et bravo pour avoir eu l'idée de retourner ta chambre. Je pense qu'il y en a beaucoup qui auraient rendu les armes dans cette situation.
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