Clubs du coin: Teyran Bike34 | Flèche du Midi | V.C. St Mathieu de Tréviers | Team Sudvelo | A.C. Montagnac

29.04.2010 20:04:19
EricL

head

Dans le triathlon, il y a aussi du vélo, donc un petit article sur ce sport a sa place ici.

Je vais donc profiter du triathlon de Montpellier, qui vient d'ouvrir la saison dans la région ce 25 avril, pour expliquer un peu à ceux qui ne connaissent pas ce sport dit des 'disciplines enchainées'.

Vous verrez aussi en quoi le vélo est différent de la cyclo classique.




Cette année, je me présente au départ avec ce qui me reste du BRM 300 kms effectué la veille. C'est vraiment pour remettre le pied à l'étrier, pas pour une grosse performance (qui resterait toute relative de toutes façons). Je me suis inscrit sur la plus courte distance dite "Sprint", qui enchaîne 750m de natation dans le Lez (dont la moitié à contre courant), 20 kms de vélo et 5 kms à pieds. Déjà, il faut savoir que les distances ne sont pas garanties. En course à pieds, un 10 kms fait 10 kms. En triathlon, les distances peuvent varier dans des proportions assez larges. A Montpellier, le vélo ne fait que 19,1 kms, et la CAP à peine 4,3 kms.

L'épreuve de Montpellier proposait aussi une épreuve dite "Courte Distance" ou "CD" (1500m nat, 40 kms vélo, 10 kms CAP). Les triathlètes font simplement 2 tours de chaque boucle.

Le triathlon est un sport assez intéressant à regarder pour les spectateurs. Les parcours passent et repassent plusieurs fois autour du parc à vélo, ce qui permet à chacun de suivre son athlète tout le long de l'épreuve. Rien à voir avec une cyclosportive où tu pars à 7h et tu revois ta famille 5 heures plus tard à l'arrivée. La durée de l'épreuve, et l'heure de départ, font qu'il est assez facile d'associer une épreuve avec une journée touristique, le tout en famille. Je trouve que c'est un gros avantage par rapport vélo seul qui ne permet pas ça à cause des horaires matinaux et de la durée des circuits qui dépassent souvent 5 ou 6 heures. L'option de la famille qui vous rejoint sur place n'est pas très praticable non plus: il faut une seconde voiture, vous avez pas vraiment envie de vous promener après vos 150 kms, vous devez rentrer séparément. C'est un peu compliqué.

Le triathlon est vu comme un sport extrême et très dur par la majorité des gens, par le simple fait qu'il accumule trois sports en un seul. Et surtout sur les distances les plus longues. En réalité, tout est question d'intensité.

Il faut faire la différence entre les meilleurs qui courent à fond alors que la majorité des concurrents vont se contenter d'une intensité entre résistance et endurance. Enchaîner 3 disciplines à fond pendant une heure n'est pas physiquement plus difficile que d'en pratiquer une seule pendant la même durée. Bien sûr chaque discipline a ses propres contraintes et difficultés, et tout l'art du triathlon est de doser chacune pour faire le meilleur temps global à la fin. Pour certain, le vélo est le plus difficile, alors que pour d'autres, dont je suis, c'est la CAP qui est le dur.

Pas si facile de savoir jusqu'où on peut aller sur le vélo quand il faut assurer une bonne course à pieds derrière. Mais finalement, est ce qu'on ne retrouve pas cette même nécessité de gestion dans une course de vélo? C'est facile de tout donner dans le premier tiers, mais il ne faut pas oublier d'en garder suffisamment pour la fin.

Après ma nuit de récup, je me lève en assez bonne forme, les jambes ont l'air correctes. Après un petit déjeuner rapide, je pars pour Antigone. Le briefing est dans 15 minutes. Je récupère mon dossard, je colle mon numéro sur la tige de selle, je mets le casque bouclé sur la tête, je me fais tatouer le bras et la jambe avec mon numéro, et ainsi en règle, je suis prêt à rentrer dans le parc à vélo.

01habillageChaque concurrent dispose d'environ 1 m2 pour disposer ses affaires. Le vélo est accroché sur une barre par la selle, les chaussures accrochées aux pédales, et sans oublier de régler un braquet moyen pour pouvoir partir souple. Le casque et les lunettes sont posées par terre à coté de la roue, de sorte qu'on puisse les mettre sur la tête en moins de 5 secondes. Pour la CAP, les chaussures et la casquette sont posées juste à coté. Après avoir tout posé, on s'imagine mentalement chaque transition afin de vérifier qu'on n'a rien oublié.

Il n'y a qu'un seul dossard pour toutes les épreuves. Pour la natation, il doit être porté sous la combi. Pour le vélo, il doit être derrière. Pour la CAP, il doit être devant. On utilise donc une ceinture porte dossard qu'on peut facilement faire tourner selon le besoin.

Vient ensuite l'habillage avec la combinaison de natation. On l'enfile par dessus la trifonction (combi lycra qui sert aussi à rouler et courir).

 

 

 

 

 

02natcalmeIl ne reste qu'à se diriger vers la mise à l'eau, le départ se faisant dans l'eau à Montpellier (ce n'est pas toujours le cas, le départ peut aussi être donné depuis la terre ferme).

 

 

 

Pan! C'est parti, la machine à baffe se met en marche.

03natdepart

 

Dans l'eau, on y voit rien. Hors de l'eau, il y a tellement de remous et de monde partout qu'on y voit pas vraiment grand chose non plus. Il ne faut surtout pas arrêter de nager, sinon ceux de derrière vous passent dessus et ça n'arrange pas vos affaires non plus. Imaginez un départ de cyclo à moitié aveugle, c'est pareil, sauf que vous ne risquez pas un coup de frein brutal. Donc, la stratégie, c'est de nager en essayant de rester au milieu du paquet jusqu'à ce que ça se décante un peu. Mais il faut tout de même essayer de rester dans un groupe, parce que là, le drafting est bien sûr autorisé, et aussi bizarre que ça puisse paraître, c'est plus facile de nager dans le flot d'un paquet, plutôt que tout seul.

A Montpellier, on nage dans le Lez, et comme je l'ai dit, on y voit rien, même pas ses bras. On ne sait pas si on nage bien, ni si on avance, ni si on est bien dans la bonne direction, il n'y a aucun repère proche à quoi se référer. Il n'y a que la berge, qu'on peut voir rapidement à chaque respiration, qui montre qu'on avance effectivement. Après un départ à froid un peu violent (sûrement le départ le plus rapide de ma courte expérience dans le triathlon), je me prends un essouflement au bout de 350m environ, qui m'oblige à brasser 30 secondes pour récupérer une situation stable. Il reste 50m jusqu'à la bouée de demi tour que je passe avec plaisir, le retour dans le sens du courant va me permettre une fin de natation beaucoup plus cool. Effectivement, la berge recule beaucoup plus vite, et j'ai l'impression que le retour dure 2 fois moins longtemps que l'aller.

La sortie de l'eau et le passage en position debout s'accompagne toujours de quelques secondes bizarres pendant lesquelles on cherche son équilibre. Puis, rapidement, on se met à courir tout en enlevant la combinaison autant que possible. Il y a à peu près 300m à courir jusqu'au vélo.

 

04T11 05T12


Arrivé à sa place, pas de temps à perdre. Il ne reste qu'à baisser la combi jusqu'au genoux, tirer une jambe, tirer l'autre jambe, mettre le casque, les lunettes, prendre le vélo (les chaussures sont déjà sur les pédales), et courir jusqu'à la ligne à la sortie du parc. Tout ça ne prend pas plus de 30 secondes. Le chrono en est à 13'34", les premiers sont déjà passés là depuis 4'30".

 

06velo1 07velo2

Après la ligne, on peut monter sur le vélo et donner 2 coups de pédale pour commencer à avancer. Il faut mettre les pieds dans les chaussures et les serrer aussi vite que possible, mais ce n'est pas très pratique à faire sur mes Sidi avec la fermeture à crémaillère.

Le départ est en faux plat, montant de plus en plus jusqu'à Grammont. Je sens tout de suite que les jambes ne sont pas du tout remises de la petite sortie d'hier (je ne m'y attendais pas non plus), et je m'applique à conserver une bonne cadence. Malgré tout, en haut de la côtelette, j'ai les cuisses déjà en feu et je suis obligé de relâcher un peu. Le reste du parcours est relativement plat, avec un peu de vent léger. Je double 10 ou 15 concurrents, et personne ne me double, mais ça peut être tout simplement parce que j'ai fait une natation moyenne et les autres sont déjà devants.

Le drafting (abri derrière un concurrent) est interdit. La règle est qu'il existe un rectangle de 7m de long et 3m de large derrière un cycliste, dans lequel il est interdit d'entrer, sous peine de sanction (ex: un arrêt forcé de 10s). J'aime bien cette règle qui met tout le monde sur le même pied d'égalité. Ici, pas de suceur de roue.

La courbe vélo (cliquez dessus pour l'agrandir)

courbevelo

Les lignes pointillées représentent la moyenne de chaque courbe. On voit clairement l'explosion en haut de la bosse arrivant à Grammont. A part ça, c'est bien régulier tout le long, y compris sur le FC qui ne varie pas de plus ou moins 3 pulses. On peut aussi constater une FC assez faible de 155 pulses seulement. Ce n'est pas le coeur qui refusait de monter, mais les jambes qui ne pouvaient pas aller plus vite. Normalement, j'aurais du soutenir 172 pulses.

A l'arrivée, j'oublie d'enlever les pieds de mes chaussures avant la ligne, et je suis donc obligé de courir jusqu'à ma place avec les chaussures aux pieds. Les enlever me prendra aussi 10 secondes de plus, ce qui peut signifier 2 ou 3 places à la fin de la course.

Je boucle tout de même le vélo à 35,2 km/h et 91 trs/min de cadence. Pour les meilleurs, c'est 40 km/h de moyenne.

08cap1Je change les chaussures, pose le casque et met la casquette, et c'est parti pour courir. Les premières foulées sont étonnamment souples, et je suis à 12 km/h (20 km/h pour les meilleurs), malgré un départ en montée. Au bout de 400m, ça devient déjà lourd dans les jambes. J'essaye une foulée plus courte et rapide, mais ça fait vite monter le coeur et le souffle. Je me rabat sur une foulée moins rapide mais j'essaye de conserver une bonne détente, jusqu'à ce que je trouve une situation stable. On passe au dessus du Lez, puis on repasse près du parc à vélo, avant de re-traverser le Lez et de continuer le long jusqu'à l'autoroute. Là, un ravito nous attend à mi parcours. Je m'arrête carrément pour boire 2 verres. Plus que le retour et c'est fini. J'ai l'ischio droit qui tire un peu.

 

La courbe CAP

courbecap

Ici aussi, c'est d'une régularité parfaite. La vitesse en bleu montre le petit ralentissement pour prendre un verre d'eau lors du passage devant le parc, et carrément un arrêt de 15 secondes au ravito de mi-parcours. A part ça, les 12 km/h sont constants, même dès les premières foulées. On constate aussi une cadence beaucoup plus régulière sur la seconde moitié. La FC (10 pulses de plus qu'en vélo, ce qui montre bien que ce n'était pas le coeur qui limitait) dérive légèrement tout le long de la course. Pour les derniers 100m, j'allonge et termine à 15 km/h.

 

09cap2 10cap3

Et voila l'arrivée, c'est fini en 1h09'50", je suis 84ème sur 140. Le vainqueur gagne en 52'38", et le dernier boucle en 1h36'. Je ne suis pas mécontent, compte tenu du BRM d'hier (315 kms, 3000m D+, 11h de selle), ça me va. J'ai eu raison de me contenter du Sprint, je pense que la CAP sur le CD aurait été difficile (surtout que j'ai 0 kms d'entraînement CAP depuis 6 semaines).

Cette année, je ne sais pas si c'est une nouveauté, il était possible de participer sans licence FFTRI (et sans pass journée) à la course Sprint. Ca permet donc à tout le monde un peu sportif de participer. Alors, l'année prochaine, je vous encourage à vous y essayer, c'est vraiment accessible sur une petite distance comme ça. Seule la natation peut faire peur, mais si on reste derrière dès le départ, ce n'est pas si difficile. On en voit qui nagent en brasse, ou sur le dos. Il suffit de se préparer un peu les 3 mois qui précèdent pour ceux qui ne nagent jamais.

Le prochain sera encore un truc rigolo: le triathlon Sprint par équipe de Sommières le jeudi 13 mai (celui là aussi est faisable sans licence). J'y serai pour former une équipe de 5 vétérans. Je compte sur vous pour être sur le parcours et nous encourager.

 


  Montpellier | Triathlon | 2010
 

Commentaires 

 
#1 greg 01-05-2010 09:24 salut a toi et merci pour le recit de ta course.
felicitation pour ta premiere experience dans notre sport en esperant te revoir le jeudi 123 mai pour le sprint de lattes.
bravo et merci encore a toi
greg benevole et membre de l'organisation de l epreuve
Répondre en citant